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Qui est Mumia Abu-Jamal

Qui est Mumia Abu-Jamal ? 
  
Mumia Abu-Jamal, de son vrai nom Wesley Cook est né le 24 Avril 1954 à Philadelphie dans une famille modeste. Le nom de Mumia lui vient de son professeur de Swahili (originaire du Kenya), il prendra le nom d’Abu-Jamal (le père de Jamal) à la naissance de son premier fils.
Très tôt Mumia assume son engagement politique. En 1968, à l’âge de 14 ans, Mumia proteste (avec trois de ses amis) contre la venue de Georges Wallace à Philadelphie. Gouverneur d’Alabama et candidat à la présidence, Wallace était un farouche défenseurs des pratiques ségrégationnistes… Mumia sera tellement battu par la police, qu’à l’hôpital sa mère passera devant lui sans le reconnaître. Suite à cet incident, Mumia se dirige vers le Black Panthers Party et participe à la mise en place d’une section du BPP à Philadelphie. Mumia devient Ministre de l’information et occupe le poste de rédacteur en chef au journal local du Party. L’année suivante Mumia prend part à une campagne pour rebaptiser son lycée (Benjamin Franklin) en Malcolm X High School. C’est à cette époque que le FBI (Federal Bureau of Investigation), alerté par l’événement, ouvrira un dossier au nom de Mumia. Mumia Abu-Jamal participe activement au développement de la section du Party, en tant que rédacteur il se « spécialise » dans les agressions policières (fréquentes à Philadelphie) et les atteintes aux droits constitutionnels des minorités raciales et sociales. Au cours de l’été 1969, Mumia participe à la rédaction du journal national des Black Panthers à Oakland – Californie (ville d’origine des Panthers). Mumia restera 3 ans au sein des Black Panthers.
 
En 1970, Mumia devient chroniqueur et journaliste pour de nombreuses radios (National Black Network,Mutual Black Network, National Public Radio, Associated Press, Radio Information Center for the Blind). Reconnu par ses pairs, il devient responsable de l’Association des journaliste noirs de Philadelphie, et fait
la Une du Philadelphia Inquirer. Cette même année, le FBI ajoute le nom de Mumia Abu-Jamal au National Security Index, ainsi qu’à la liste des personnes à interpeller en priorité en cas d’urgence national (ADEX). Parallèlement aux interviews de personnalités telles que Julius Erving, Bob Marley, Alex Haley, et la couverture d’événements importants (venue du Pape, intervention du Révérant Jesse Jackson), Mumia continue de dénoncer la corruption, les abus de la police de Philadelphie et de son chef Franck Rizzo, en donnant la parole aux gens de la rue, ce qui lui vaudra le surnom de
Voice of the voiceless -
la Voix des sans voix.
 Fidèle à ses principes, Mumia donne la parole aux membres de MOVE, organisation communautaire écologique prônant le respect de
la Vie sous toutes ses formes. Le 8 Août 1978, Mumia couvre le siège de la maison de MOVE (Powelton Village – Philadelphie ouest) par la police de la ville. En janvier 1981 Mumia est désigné comme « une personnalité à suivre » par le journal Philadelphia et se voit remettre un prix par
la Corporation for Public Broadcasting. Mais ses reportages et ses prises de positions en faveur de Move, parfois censurées, sont vivement critiqués par les radios pour lesquelles il travaille. Plutôt que de céder aux pressions et remettre en question son éthique journalistique, Mumia devient  journaliste indépendant et prend un second emploi : chauffeur de taxi de nuit…
 

La nuit du 9 décembre 1981  
Cette nuit vers 4h du matin à l’intersection de Locurst et de la 13eme rue, Mumia revenant d’une course aperçoit son frère William (également chauffeur de taxi) interpellé par un policier : Daniel Faulkner – 25 ans. Le ton monte et Daniel Faulkner frappe william à la tête avec un lampe torche (ce dernier sera gravement blessé). Mumia tente d’intervenir lorsqu’une fusillade éclate. Mumia est touché au foie (par l’arme du policier) et Daniel Faulkner décède une heure après son arrivée à l’hôpital Jefferson. L’arme de Mumia est retrouvé quelques mètres plus loin de l’endroit où il était assis. Lors de son transfert à l’hôpital il sera frappé par les policiers. Ayant été agressé à plusieurs reprises (en tant que taxi), Mumia avait acheté (légalement) une arme.  

  

Le procès 

La cour 
Le procès de Mumia débutera en Juin 1982. La court est présidé par le Juge Albert F. Sabo, ancien sheriff adjoint du comté de Philadelphie pendant 16 ans avant de devenir juge en 1974. Mr Sabo est réputé pour avoir envoyé plus de personne dans le couloir de la mort que n’importe quel juge en activité aux États- Unis (31 au total – 29 appartenaient à des minorités ethniques). De plus, il a été membre du même syndicat que Daniel faulkner : le F.O.P (Fraternal Organization of the Police – premier syndicat de policier aux USA avec plus de 280 000 membres). En 1983, une enquête du barreau de Philadelphie démontre que plus d’un tiers des avocat considèrent que le Juge Sabo n’est pas qualifié pour assurer de telles fonctions. Le procureur, Red Rendell, quant à lui a obtenu la condamnation d’un innocent (pour meurtre – cf. Commonwealth contre Connor). Après 12 années passées en prison, ce même procureur effectua un appel pour obtenir sa libération sur la base de preuves l’innocentant.  Un avocat inexpérimenté Mumia, ne pouvant se permettre financièrement d’engager un avocat, se voit attribuer un jeune avocat commis d’office inexpérimenté en matière de meurtre, Anthony Jackson. Face à l’incompétence de son avocat Mumia demande, le 13 Mai 1982, à se représenter lui même (droit de l’accusé). Ce droit constitutionnel lui sera refusé.  

Le tribunal ne lui ayant accordé que 300$ (devant couvrir ses honoraires pour 6 mois de procès et les expertises), l’avocat de Mumia ne pourra effectué les enquêtes nécessaires ou faire comparaître des experts (balistiques…). En comparaison,
la Police, disposant de moyens importants, effectuera plus 125 entretiens de témoins. A trois reprises, Mr Jackson se voit refuser ses demandes de fonds pour obtenir le témoignages d’experts.
 La sélection du jury 

Le fait que le jury n’ai pas connaissance du cas, par la presse notamment, est un élément essentiel dans le cadre d’un procès juste et équitable. Dans le cas de Mumia Abu-Jamal sur les 80 jurés, seulement 7 n’ont pas entendu parlé de l’affaire (au cours du procès tous les membres du jury étaient assignés à résidence dans un hôtel afin de pas être en contact avec la presse). - Le tribunal refuse que Mumia interroge les candidats sous prétexte que ses questions intimident les jurés et qu’il est trop lent. Il semble, selon certains observateurs, que la véritable raison est que Mumia, en tant que journaliste expérimenté, était en train de créer une impression trop favorable à son égard. 

Une étude du rapport d’audience par Amnesty International démontra que les questions de Mumia étaient pertinentes, et que son attitude envers les candidats n’était ni agressive, ni brutal. Par ailleurs, ses interventions étaient, en terme de temps, semblables à celles du procureur.  - Un des membre du jury définitif est le meilleur ami d’un policier de Philadelphie qui a été blessé en service, puis mis en congé suite à ses blessure. Il a ouvertement admis que son expérience ne ferait pas de lui un juré équitable. 

- Une suppléante est l’épouse d’un policier de Philadelphie. > Anthony Jackson ne fait aucune objection quant à l’impartialité de ces deux jurée.  

- Les jurés noirs sont systématiquement écartés par le procureur, utilisant onze des quinze récusations auxquelles il a  droit. Le jury définitif ne comprenait que deux afro-américains. En 1997, il a été révélé par une cassette vidéo d’entraînement, que cette pratique illégale était enseignée aux procureurs de Philadelphie. En 1986,
la Cour Suprême des Etats-unis a déclaré que l’éviction d’un juré potentiel devait être « raciallement neutre ».
 

- Albert Sabo écarte sommairement une femme noire déjà sélectionnée (Jennie Dawley) et de la remplacer par un homme blanc plus âgé (Robert Courchain). Ce dernier, au cours de la sélection, fait preuve a cinq reprises de partialité : il déclare « inconsciemment je ne pense pas que je pourrais être juste vis-à-vis des deux parties« .
Anthony Jackson demande que Mr Couchain soit exclue pour ce motif. Le juge Sabo refuse la requête de Jackson.
  > La population de Philadelphie est composé à 40 % d’afro-américains; un jury raciallement représentatif de la communauté aurait du inclure au moins 5 personnes noires.  Les éléments contre Mumia Abu-Jamal 

1- La prétendue confession de Mumia Abu-Jamal à l’hôpital
2- Les trois témoins qui affirment avoir vu Mumia Abu-Jamal tirer sur Daniel Faulkner

3- La présence de l’arme de Mumia Abu-Jamal sur les lieux, le procureur affirmant qu’il s’agit de l’arme du crime.
 

1- La confession  Au cours du procès, deux témoins affirment que Mumia à avouer avoir tirer sur Daniel Faulkner : Priscillia Durham (agent de sécurité de l’hôpital) et Gary Bell (officier de police). Mumia aurait déclaré, alors qu’il se faisait soigné, « j’ai tiré sur ce fils de pute et j’espère que ce fils de pute va mourir!« . Gary Bell est le partenaire et le « meilleur ami » de Daniel faulkner, Priscillia Durham a d’abord nié connaître Faulkner, puis a admis avoir discuté avec lui à plusieurs reprises, parfois « devant un café« . Cependant un autre agent de police : Gary Wakshul, qui se trouvait dans le véhicule qui a transporté Mumia à l’hôpital, déclare « nous sommes resté avec l’homme à Jefferson (l’hôpital) jusqu’à ce que nous soyons relevé. Durant tout ce temps, le nègre n’a fait aucun commentaire« . Ce même agent reviens sur sa déposition lors d’un appel en 1995, et affirme avoir entendu les aveux de Mumia Abu-Jamal. Il a déclaré que son retard (13 ans) à témoigner était dû au « traumatisme émotionnel » lié la mort de Daniel Faulkner. 

Les deux autres témoins de la prétendue confession n’ont pas reporté ce qu’ils ont entendu avant février 1982, c’est-à- dire plus de deux mois après la fusillade. Et ce après que Mumia ait signalé avoir été battu au cours de son transfert. Priscillia Durham déclare avoir informé sa supérieure et qu’elles ont rédigé (à la main) une note. Le procureur a ordonné à un officier de retrouver cette note à l’hôpital. Ce dernier est revenu de l’hôpital avec une lettre tapé, que le témoin déclare n’avoir jamais vu auparavant. Bien que l’authenticité de cette lettre n’est pas été avéré, le juge Sabo l’a décrète recevable en déduisant qu »ils ont pris la lettre écrite et l’ont retapé« . 

Aucun des nombreux agents se trouvant à proximité de la chambre de Mumia ne déclarent avoir entendu sa déclaration qu’il aurait pourtant crié. De plus, les médecins qui ont soigné Mumia déclarent dans leurs témoignages qu’ils étaient avec lui à partir de son arrivée et qu’il était « faible…sur le point de s’évanouir« , et qu’ils n’ont entendu aucune déclaration de sa part pouvant être interprétée comme une confession. Au cours de l’audience, l’officier Wakshul est absent, il serait en « congés« . Le jury ne sera jamais informé de sa déclaration : « Durant tout ce temps, le nègre n’a fait aucun commentaire« . Le juge Sabo refusera à la défense d’ajourner l’audience afin de retrouver Wakshul (le procureur avait les coordonnées de Waskshul mais ne les a jamais transmise à la défense). Depuis, l’officier a admis avoir eu une « réunion de préparation » avec le procureur, qui a modifié en personne les dates de vacances du policier. 

2- Les témoins Cynthia white, une prostituée, travaillait dans le quartier la nuit du 9 décembre 1981. Lors du procès elle a témoigné que Mumia a couru jusqu’à Daniel Faulkner, lui a tiré dans le dos puis dans la tête. Préalablement au procès, White a décrit le tireur comme un homme plus petit que Mumia. Au cours de sa 1ere audition elle déclare que « Mumia » tenait l’arme dans sa main gauche. Durant le procès elle a nié savoir dans quelle main se trouvait l’arme, que le schéma qu’elle a réalisé auparavant est incorrect et que la situation (physique) des acteurs avant l’arrivée de Mumia sur les lieux comporte des erreurs. A l’époque du procès Cynthia White purgeait une peine de 18 mois de prison pour prostitution dans le Massachusetts. Elle avait été arrêté à 38 reprises à Philadelphie et 3 de ces affaires étaient en instance à ce même moment (procès). Elle a été arrêté 2 fois après la fusillade (les 12 et 17 décembre). Selon les avocats actuels de Mumia Abu-Jamal, il n’y a pas de traces de poursuites judiciaires relatives à ces arrestations. En 1987, Cynthia White est poursuivi pour vols à mains armés. Le juge la libère sans verser de caution, bien qu’il notifie son lourd passé judiciaire. Douglas Culbreth détective à la police de Philadelphie proteste, on lui répond qu’il s’agit « d’un témoin du Commonwealth dans une affaire très importante« . Depuis Cynthia White a disparu.


Au cours d’un appel en 1997, Pamela Jenkins (cf. les témoins) affirme avoir retrouvé White. Le Ministère public déclare qu’elle est décédée et donne pour preuve un certificat de décès datant de 1992 au nom de Cynthia Williams. Le procureur déclare que les empreintes correspondes. Cependant un examen des enregistrements des empreintes des deux femmes ne montre pas de correspondances. La mort de Cynthia White est donc loin d’être avérée (le corps de Williams / White ayant été incinéré).
  Veronica Jones, également prostituée et témoin de la scène a déclaré que la police a tenté d’acheter son témoignage : « ils ont essayé de me faire dire ce que l’autre fille a dit. Je ne pouvais pas faire çails nous ont dit que l’on pourrait travailler dans le quartier« . Lors de ce témoignage, le juge Sabo fait retirer le jury et décrète que cette preuve est irrecevable. Lors de son témoignage devant le jury, Veronica Jones reviens sur sa 1ere déposition faite à la police. Déposition dans laquelle elle disait avoir vu deux hommes non identifiés quitter la scène du crime. En 1996 lors d’une audition d’appel, Veronica Jones atteste qu’elle a modifié son témoignage suite à la visite de deux officiers de police en prison (où elle était incarcérée pour vol et agression). Au cours d’un témoignage sous serment, Veronica Jones décrit sa rencontre avec les officiers : « Ils m’ont dit que si je témoignait contre Jamal et que si je l’identifiait comme étant le tireur, je n’aurait plus à m’inquiéter pour mes affaires en instance… Le détective m’a menacé en me rappelant que je risquait une longue peine de prison – 15 ans… Je savais que si je faisait quoi que ce soit pour aider la défense de Jamal, je risquerait des années de prison « . Après le procès de Mumia Abu-Jamal, Veronica Jones a été condamné à une peine de 2 ans de probation. Pamela Jenkins, ancienne prostituée qui travaillait dans le quartier en 1981, est apparu en 1997. Dans un témoignage sous serment, elle a déclaré qu’elle connaissait Cynthia White, qui lui aurait dit qu’elle avait peur de la police et qu’ils essayaient de lui faire dire quelque chose à propos de la fusillade. Jenkins était l’informatrice et la maîtresse d’un policier de Philadelphie Tom Ryan. Elle a déclaré « il voulait que je commette un parjure et dise que j’avais vu Jamal tirer sur l’officier de police ». En 1996 Tom Ryan et cinq autres policiers du quartier ont été condamnés pour falsifications de preuves et corruption. 

Robert Chober, un chauffeur de taxi vient de déposer une cliente et se gare à une dizaine de mètre derrière la voiture de Daniel Faulkner. Au 1er coup de feu, Chober est en train d’écrire dans son livre de bord. Il dit avoir vu le tireur de profil. Au cour du procès il déclare que lorsqu’il a levé les yeux il a vu Faulkner tomber et Mumia « positionné derrière lui, tirer à nouveau sur lui« . Cependant le jury n’a pas été informé de la déclaration de Chober faite à la police le 10 décembre 1981, disant que le tireur « apparemment s’enfuyait« . Par ailleurs, il y a de nombreuses divergences entre Mumia Abu-Jamal et la description tireur faite par Chober : vêtements, taille, poids.
A l’époque du procès, Robert Chobert est sous le coup d’une probation pour l’incendie d’une école, ce dont le jury n’est pas informé. Les jurées ignorent également que la nuit du meurtre Chobert exerçait sa profession alors que sa licence de taxi lui avait été retiré. Il ne sera jamais poursuivi…
 

William Singletary, un homme d’affaire qui a été témoin de tout la scène n’a jamais été présenté au jury. En effet, il a déclaré que Mumia Abu-Jamal n’était pas le tireur. Singletary quitte la ville après que la police ait déchiré sa déposition et poussé à en rédiger une autre. Il témoignera de ses pressions en Août 1995.  Mark Scalan, présent sur les lieux a déclaré à plusieurs reprises à la police qu’ils ne savaient pas qui avait tiré sur Daniel faulkner : Mumia ou son frère « je ne sais pas qui avait l’arme. Je ne sais pas qui a tiré« . Sur le schéma de la scène qu’il a réalisé, Mumia Abu-Jamal et Daniel Faulkner se font face lorsque le 1er coup de feu est tiré, ce qui contredit totalement la version de l’accusation. Au cours du procès, Scalan a admis avoir bu ce soir là… William Cook, le frère de Mumia n’a jamais témoigné à aucune audience. Il a donné deux versions différentes des faits  à la police et à la défense en 1995. Cette même année Cook devait témoigné mais ne s’est jamais présenté. Depuis les avocats de Mumia n’ont pu localiser son frère. 

Il semble que plusieurs témoins oculaires n’ont pas été entendu par la défense, à cause du manque de moyens financiers dont disposait Anthony Jackson, le premier avocat de Mumia. Suite aux enquêtes effectuées par la défense actuelle de Mumia, les témoins qui ont été retrouvés affirment avoir vu d’autres personnes s’enfuir des lieux de la fusillade. 

3- Les éléments balistiques  L’arme de Mumia a été retrouvé sur les lieux. Cinq balles étaient manquantes, mais les policiers n’ont fait aucun test (pourtant basiques) consistant à sentir l’arme pour savoir si elle a servi récemment (il est possible de détecter des odeurs de poudre pendant environ cinq heures). Des tests auraient du être réalisé également sur les mains de Mumia, ce qui n’a pas été fait.
A noter que la police a effectué ces mêmes tests sur Arnold Howard, un autre suspect dont le permis de conduire était en la possession de Daniel Faulkner.
 

Le procureur soutien la thèse que Faulkner, après avoir reçu une balle dans le dos, s’est retourné et à fait feu sur Mumia en tombant à terre. Selon cette théorie, la balle qui a atteint Mumia aurait dû avoir une trajectoire ascendante, alors que selon les archives médicales la trajectoire était descendante.  La balle  qui a été retiré du corps de Daniel Faulkner est de calibre 44, alors que l’arme de Mumia est de calibre 38 (deux calibres incompatibles). Cette contradiction notable n’a jamais été exposé aux jurées.
La balle qui a mortellement touché Faulkner semble avoir disparue du dossier…
 

Le verdict
(déclaration de Leonard Weinglass – avocat de Mumia Abu-Jamal – En direct du couloir de la mort)
  Le jury a commencé ses délibérations le vendredi 4 juillet 1982 à midi. Les jurés avaient été isolés dans un hôtel du centre-ville et coupés de leurs familles pendant presque trois semaines. De façon prévisible, ils ont abouti à un verdict avant la fin de la journée. Cependant, ils n’ont pu arriver à leur conclusion sans demander, au bout de plusieurs heures de délibération, de nouveaux renseignements sur les notions de « meurtres au troisième degré » et d’homicide involontaire.  Apparemment, certains jurés étaient troublés par le fait que, même si la thèse du procureur était recevable, l’élément de préméditation manquait, puisque les coups de feu contre le policier, loin de précéder ceux qui ont blessé Mumia sont venus après, donc logiquement comme réaction non préméditée. Personne ne s’attendait à ce qu’un jury divisé entre la thèse du « meurtre au troisième degré » et celle de l’homicide involontaire finisse par voter la peine de mort. 

Pour comprendre les raisons de ce choix, il faut connaître le déroulement de la dernière phase du procès, celle de la détermination de la peine (penalty phase). C’est lors de cette phase que les deux camps ont présenté des arguments sur le choix entre la prison à perpétuité et la peine de mort. Violant ouvertement les droits constitutionnels de Mumia, le procureur a fourni des informations sur son passé politiques en tant que membres du Parti des Black Panthers, douze ans auparavant, ainsi que sur les convictions politiques qu’il professait à l’âge de seize ans. Il ne fait guère de doute que c’est à cause de ses convictions politiques et de son passé militant que Mumia se trouve dans le couloir de la mort. La partie du procès-verbal qui traite de cette phase du procès est un document digne de l’inquisition. Ce spectacle grotesque a commencé quand Mumia s’est levé pour lire une déclaration au jury, exerçant le droit  traditionnel des condamnés avant la proclamation du verdict. Il n’a pas prêté serment en tant que témoin et n’a pas témoigné à la barre. Dans cette déclaration, il a affirmé son innocence et a dénoncé avec éloquence les injustices du procès. Abasourdi par les accusations de Mumia quant à sa conduite du procès, le juge a décidé que Mumia s’était transformé en témoin et pouvait donc être soumis à un interrogatoire devant le jury. Le procureur n’a été que trop heureux de saisir cette occasion.


Première question posée à Mumia : pourquoi ne se levait-il pas lorsque le juge entrait dans la salle ? Cette question, hors de propos et malintentionnée, a été suivie d’une succession rapide de questions de même genre : pourquoi réagissait-il aux décisions du tribunal avec rancoeur ? Pourquoi a t-il crié contre un juge d’appel lorsque celui-ci l’a privé de son droit de se défendre lui-même ? Pourquoi a t-il échangé des propos hostiles avec la cour lors des audiences préliminaires ? Et, comme pour répondre lui-même à ces questions, le procureur a lu à haute voix des passages d’un article de journal, vieux de douze ans sur le parti des Panthères noires, dans lequel Mumia, alors âgé de seize ans, était interviewé (Philadelphia Inquirer – 4 janvier 1970). Sur un ton dramatique, le procureur a demandé à Mumia s’il avait effectivement déclaré que « le pouvoir est au bout du fusil ». Mumia a répondu calmement que ces propos n’étaient pas de lui mais qu’i s’agissait d’une citation bien connue du président Mao Zedong, de
la République populaire de Chine. Sans lui laisser de répit, le procureur a demandé si Mumia se souvenait d’avoir dit, lors de la même interview : « tout le pouvoir au peuple ». Mumia a reconnu ces propos, mais a insisté sur le droit de lire de plus large extraits de l’article afin de placer ses déclarations dans leur contexte. L’article, qui avait été écarté des preuves admissibles jusqu’alors à cause de son caractère préjudiciable, comprenait des références au parti des Panthères noires, à son programme de cantine scolaire, et à son conflit de longue durée avec la police de Philadelphie.

Ayant ainsi dépeint Mumia comme un gauchiste noir devant ce jury presque exclusivement blanc, le procureur a soutenu pour conclure que le passé politique de Mumia et son absence de respect pour le système étaient à l’origine du meurtre du policier. Le jury a donc décidé la peine de mort après avoir été amené à focaliser son attention sur les propos d’un gamin de seize ans, et sans tenir compte du fait que Mumia avait atteint l’âge adulte sans jamais avoir été condamné pour quelque délit que ce soit, qu’il était père de famille et qu’il jouissait du respect et de l’admiration de tous ceux qui le connaissaient.
  Les appels (déclaration de Leonard Weinglass – avocat de Mumia Abu-Jamal – En direct du couloir de la mort) 

L’appel qui a suivi ce verdict a été tout aussi entaché d’irrégularités. Il a fallu un an pour que le juge Sabo se décide enfin à prononcer formellement la sentence de mort. L’avocat assigné à Mumia pour son premier appel n’a rien fait pendant l’année suivante, et a dû être dessaisi par la cour d’appel. Son successeur a eu besoin d’une année pour reconstruire les événements et soumettre au tribunal les documents nécessaires. Une partie de ce travail de reconstruction comprenait une déclaration sous serment du premier avocat de Mumia sur le nombre d’Africains-Américains écartés du jury. Cette déclaration n’a pas été retenue par
la Cour Suprême de Pennsylvanie, sous prétexte que le document avait été rédigé trop tardivement et que l’avocat ne pouvait avoir gardé un souvenir précis des événements. Mumia n’a obtenu de recours sur aucun point. Quatre juges seulement – le minimum exigé – ont signé l’arrêt (Commonwealth contre Abu-Jamal, 1989). L’un d’eux, M. McDermott, aurait dû se récuser puisqu’il s’était personnellement affronté à Mumia lors d’une audience, mais ne l’a pas fait. Le président du tribunal, M. Nix, un Africain-Américain, s’est récusé sans donner d’explication, ainsi qu’un autre juge, M. Larson qui n’a pas fait plus de commentaires sur son choix.

Le jugement, un document de quinze pages au ton particulièrement véhément – qui s’explique peut-être par l’accrochage personnel entre Mumia et le juge McDermott -, a rejeté toutes les thèses de Mumia concernant les vices juridiques et les violations de principes constitutionnels qui ont marqué le procès. Le jugement a notamment entériné la pratique du procureur consistant à rejeter des jurés selon des critères de race, celle du tribunal qui a privé Mumia du droit de se défendre et d’être présent à son procès ainsi que les interrogatoires abusifs de Mme Sanchez* et de Mumia. Le plus remarquable est que le juge a admis l’argument du procureur selon lequel Mumia « bénéficiera d’appel sur appel, d’autant qu’une cassation du jugement est possible, et que par conséquent [la peine de mort] n’est peut-être pas définitive« . Cet argument, qui visait à persuader le jury qu’il n’avait pas besoin de prendre en compte le résultat final de ce choix, avait été explicitement rejeté par
la Cour Suprême des Etats-Unis en 1985 (cf. Caldwell contre Mississippi). Auparavant, et non sans ironie,
la Cour Suprême de Pennsylvanie avait cassé une condamnation fondée sur une plaidoirie du même procureur et utilisant un argument presque identique à celui qu’il a employé dans l’affaire de Mumia (cf. Commonwealth contre Baker – 1986). Le tribunal a préféré ignorer ces deux précédents en confirmant la sentence de mort de Mumia.
  Mumia ne s’en est pas mieux tiré devant
la Cour Suprême des Etats-Unis. Elle a même refuser de considérer son appel (Pennsylvanie contre Abu-Jamal – 1990). Cependant, cette même année, elle a accepté d’entendre et de rendre un jugement favorable à une affaire dans laquelle un membre de l’Aryan Brotherhood (Fraternité Aryenne), une organisation raciste blanche, s’était plaint de ce que le procureur avait fait un usage illégitime de son appartenance politique au moment de la détermination de la peine. Affirmant que le premier amendement de
la Constitution interdit l’usage de telles preuves,
la Cour a cassé sa sentence de mort (cf. Dawson contre Delaware – 1992). Lorsque Mumia a demandé à être inclus dans cet appel, cette requête a été refusé sans commentaires.
 

N’ayant pas réussi à obtenir que
la Cour suprême lui accorde une révision de son procès, Mumia n’avait d’autre recours que de contester le verdict et la sentence par le biais d’une procédure dite de « post-condamnation », en formulant dans ce cadre une requête en Habeas corpus à la fois auprès des tribunaux de Pennsylvanie et des tribunaux fédéraux. Cette procédure diffère d’un appel direct en ce qu’elle doit se limiter à mettre en lumière des éléments non pris en considération et les violations de
la Constitution.
 
Pendant plus d’une décennie, Mumia avait été représenté par des avocats commis d’office et payés par l’Etat. En 1992, ayant épuisé ses appels directs, il a recherché l’aide d’une équipe d’avocats progressistes et libres de tout contrôle étatique. Des fonds ont été collectés grâce à une campagne nationale et internationale menée pas des personnes et groupes décidés à rassembler les ressources nécessaires au financement d’une enquête, des témoins experts, des assistants de recherche, des tests pour contrôler les preuves physiques et les honoraires d’avocat. Pour la première fois, une véritable investigation a été menée sur l’affaire, de nouvelles preuves ont été mises au jour, et plus de 600 pages du dossier constitué par le FBI sur Mumia ont été obtenues du gouvernement fédéral suite à des menaces de poursuite qui ont duré trois ans. Un document de 400 pages préparé par les avocats (Petition and Memorandum of law) a invoqué 22 raisons pour lesquelles un nouveau procès s’imposait. Près de 40 documents et 13 déclarations sous serment par des témoins clés ont appuyé cette démonstration. Fin mai 1995, les amis de Mumia ont annoncé qu’une requête pour demander un nouveau procès serait déposée dans un tribunal de Pennsylvanie le 5 juin 1995. Ayant appris que Mumia avait donc l’intention de saisir un tribunal, le gouverneur Thomas Ridge  – gouverneur républicain nouvellement élu qui avait fait campagne en promettant précisément d’accélérer le rythme des exécutions prévues – s’est engagé dans une course contre la montre pour empêcher le retour au tribunal de Mumia en signant le 1er juin un mandat d’exécution au 17 août 1995. Aucun gouvernement de l’histoire de Pennsylvanie n’avait jamais signé un mandat d’exécution à la veille de l’appel d’un condamné à mort.


Le dossier de Mumia, augmenté d’une requête de report d’exécution en attendant que les procédures en cours soient menées à terme, a été attribué au juge Albert Sabo. Il avait pris sa retraite mais continuait de siéger en tant que senior judge rémunéré à la prestation pour éponger les affaires en surnombre à Philadelphie. Les avocats de Mumia ont plaidé énergiquement que ce juge devait se récuser, et cela pour de nombreuses raisons, notamment son préjugé personnel contre Mumia qui était si évident dans le procès-verbal. Cependant, selon la loi de Pennsylvanie, la question de savoir si un juge est impartial est posée par le juge lui-même et Sabo s’estimait impartial. Il incombait dans à cet ancien sheriff adjoint, membres pendant quatorze ans de
la Fraternal Organization of the Police – une association qui avait fait campagne contre Mumia -, de décider du sort de Mumia.

Il s’est vite avéré que, au cours des treize années écoulées depuis le procès, M Sabo n’avait pas changé. Il a commencé par violer les règles locales accordant à la défense le temps de préparer l’audience en ordonnant que la procédure commence sans délai, avant même que le procureur lui-même puisse répondre à la requête ! Seule une intervention in extremis de
la Cour suprême a pu obliger Sabo à patienter en accordant un bref délai à la défense pour se préparer. Ensuite, il a refusé tout accès aux dossiers du procureur, annulé plusieurs citations à comparaître de témoins, accepté presque toutes les objections formulées par le procureur en refusant toutes celles de la défense et refusé de recevoir les pièces du FBI. Par dessus le marché, il a fait arrêter un avocat de la défense et imposé une amende de 1000$ à un autre.

En dépit de ces entraves, la défense a réussi à faire plusieurs démonstrations : que l’avocat de Mumia lors du procès était inefficace; que les arguments du procureur auraient été bousculés si des témoins experts avaient pu être présentés par la défense; que la prétendue confession de Mumia n’aurait pas été recevable si un certain témoin avait été disponible; que des preuves de l’innocence de Mumia avaient été écartées lorsque des policiers ont intimidé des témoins; et enfin, que des preuves de la culpabilité de l’accusé avaient été obtenues en exerçant certaines pressions sur des témoins. Mais rien de tout cela n’a impressionné le juge. Le 15 Septembre 1995, quatre jours seulement après la clôture de l’audience, Sabo a déposé un jugement de 154 pages dans lequel il refusait chacun des 22 arguments de Mumia en formulant 290 conclusions sur les faits, dont aucune en faveur de la défense.
  Cependant, face à une campagne de soutien sans précédent en faveur de Mumia aux Etats-Unis et à l’étranger, même le juge Sabo n’a pu laisser la procédure d’exécution se poursuivre. Le lundi 7 août 1995, dix jours seulement avant l’exécution prévue, Mumia a bénéficié d’un report. M. Sabo n’avait pas pris une telle décision en quinze années de magistrature. Se confondant en excuses auprès de la veuve de M. Faulkner et des policiers qui avaient assisté à l’audience, le juge annonça solennellement qu’il ne pouvait y avoir d’exécution avant que Mumia n’épuise tous ses appels. 

Développement actuel 
  
Depuis 1995, de nombreux témoignages, en faveur de Mumia Abu-Jamal, sont venus renforcer son dossier. Les pressions policières subies par les témoins et les nombreux vices de procédures sont désormais avérés. Cependant, tous les appels effectués par sa défense ont toujours été rejetés. Mumia se trouve actuellement dans le circuit d’appel fédéral. Le dossier de Mumia est entre les mains d’un juge de cour fédéral William Yohn Jr.. Ce dernier fait attendre depuis juin 2000 une décision : entendre les témoins prêts à dénoncer leur manipulation (y compris Mumia), révision du procès, maintien de la peine de mort, perpétuité.
A ce titre, la défense a remis quatre dossiers, présentants de nouveaux éléments.
Ces rapports: appelés Amicus Briefs, doivent être rédigés par des personnes extérieures à l’affaire, mais concernées de part leurs activités ou leurs compétences juridiques.
Dans le cas de Mumia, il s’agit de :
 

  1. La NAACP de Philadelphie et l’ACLU de Pennsylvanie (organisations anti-racistes et pacifistes).  
  2. Six organisations de juristes :
    la National Lawyers Guild, le Center for Human Rights and Constitutional Law, l’International Association of Democratic Lawyers, le National Conference of Black Lawyers,
    la Prisoners Self Help Legal Clinic et le Southern Poverty Law Center.
     
  3. Un groupe de 22 parlementaires britanniques.  
  4. La Chicana-Chicano Studies Foundation.  

Le juge Yohn a refusé de tenir compte de ces mémoires en décrétant qu’ils n’étaient « ni utiles, ni nécessaires », alors qu’il s’agit d’une pratique courante.
S’il refusait également d’entendre les arguments de la défense concernant les nouveaux témoignages, deux recours se présenteraient à Mumia :
 

  1. La Cour Suprême de Pennsylvanie (qui n’a jamais donné gain de cause à Mumia – cf. les appels).  
  2. La Cour Suprême des Etats-Unis.  

Mais il y a URGENCE : en 1996 le président Clinton a signé « The death penalty act« , une loi pour une peine de mort effective, qui permet de suspendre le droit d’appel, pour tout condamné à mort, au-delà de
la Cour Fédérale de District (situation actuelle de Mumia).
De plus, il serait extrêmement difficile de casser le jugement du juge Yohn, en cas de décision négative de sa part. Cette procédure passe par
la Haute Cour Fédéral « Third Circuit Court« .
Mais selon la « Death Penalty Act« , le juge John a la possibilité de demander à
la Haute cour fédérale de débouter la demande de Mumia.

A noter que le Juge william Yohn à été nommé par Georges Bush Senior.  



* Sonia Sanchez, poète et amie de Mumia, a témoigné en sa faveur en 1995.
Sonia Sanchez est à l’origine du National Day of Art.
Téléchargez l’appel de Mumia 911 – National Day of Art (format PDF) –
911 call
 



sources :  A life in the balance – The case of Mumia Abu-Jamal (Amnesty International 17-02-2000),
En direct du couloir de la mort (Mumia Abu-Jamal – La découverte),
25 ans avec Move (publié par
la Croix Anarchiste – Montréal et Just Justice – Tours),
Briefing Paper on the case of Mumia Abu-Jamal
 

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Concert « In the Spirit of Freedom » début 2010 à Rennes

Projet de concert du 21 novembre reporté

en début 2010.

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