Inscription Aller à: [ recherche ] [ menus ] [ contenu ] [ montrer/cacher plus de contenu ]



Soutien à Mumia vu par la presse des USA

Les Français soutiennent toujours Mumia Abu-Jamal ! 

Article de Mary Papenfuss S. F. Chronicle Foreign Service (*) 

  

Paris – Des militants très actifs qui se rassemblent chaque semaine pour soutenir un condamné à mort, crier des slogans, hurler dans les micros et accrocher des banderoles… Cela pourrait être des Californiens de
la Bay Area manifestant avant une exécution mais ils portent des sandalettes, parlent français, se réunissent tout près de
la Seine pour la libération d’un homme qui languit à 6.000 kms de là dans une prison de Pennsylvanie. 

Alors que Mumia Abu-Jamal, âgé de 55 ans, a été proclamé « tueur de flic » à Philadelphie, c’est une « cause célèbre » (NDLR en français dans l’article) en France depuis des années. En 2001, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, l’a fait Citoyen d’Honneur, ajoutant le nom de Mumia Abu-Jamal à une liste prestigieuse qui inclut des gens aussi célèbres que Pablo Picasso ou le Dalaï Lama. En 2006, la ville de Saint-Denis, dans la banlieue de Paris, a donné son nom à une rue provoquant l’ire de la ville de Philadelphie qui voulut lui intenter un procès pour ‘délit de déni’ en application d’une loi française datant de 1881. 

A l’automne dernier, l’avocat de Mumia Abu-Jamal, Robert R. Bryan du barreau de San Francisco, a reçu une médaille de la ville de Lyon pour son engagement contre la peine de mort. Lors d’une conférence de presse qu’il tint conjointement avec Danielle Mitterrand, la veuve de l’ancien Président de
la République, François Mitterrand, il s’est entretenu avec Abu-Jamal par téléphone depuis le prestigieux hôtel du XVIIème qui abrite l’hôtel de ville de Lyon. 
Le mois dernier,
la Cour Suprême des Etats-Unis a décidé de ne pas accorder un nouveau procès à Abu-Jamal, condamné en 1982 pour le meurtre d’un policier de Philadelphie, Daniel Faulkner, âgé de 25 ans. La veuve de Faulkner, Maureen, qui vit désormais dans le sud de
la Californie, a dit avoir pleuré en apprenant la décision juridique. « Je suis hantée par ce mouvement pour la libération de Mumia » a-t-elle dit aux journalistes. Ajoutant « Il a pourtant tué mon mari de sang-froid ». 

Son opinion, pas plus que la décision de la Cour Suprême, n’ont découragé les soutiens Européens d’Abu-Jamal dont les rassemblements éclipsent tous ceux qui se tiennent à New York ou San Francisco. En plus de Paris, il s’est vu octroyer le titre de Citoyen d’Honneur dans 20 autres cités, y compris Palerme en Sicile ; il est aussi Membre Honorifique de l’Association Berlinoise des Victimes du régime Nazi. La plupart de ses fidèles soutiens Européens croient que son procès fut injuste et qu’il est innocent. D’autres sont simplement des militants contre la peine de mort. 

Par ailleurs la Biélorussie est le seul pays européen à avoir encore recours à la peine de mort. « Il est innocent » déclare Abdel Chaoui, un habitant de Saint-Denis de 56 ans. «Et même si ce n’était pas le cas il ne devrait pas être exécuté… il a purgé sa peine. » 

Bien que les militants français se mobilisent aussi pour la libération d’autres prisonniers américains – à la manif du mois dernier ils faisaient signer des pétitions pour réclamer un nouveau procès pour Leonard Peltier, le responsable Amérindien condamné à une peine de prison à vie pour le meurtre de deux agents du FBI – aucun autre prisonnier ne galvanise autant l’opinion publique française. Certains observateurs attribuent ce soutien sans faille à Mumia Abu-Jamal à la longue histoire d’amour entre Français et Afro-Américains  qui se sont réfugiés en France pour échapper à la répression américaine raciste ; ce fut le cas de la danseuse de music-hall Joséphine Baker, du chanteur Paul Robeson et du poète Langston Hughes. Beaucoup de militants français jugent les institutions américaines très racistes. 

De plus, selon le professeur de Sciences Politiques de UCLA, Mark Sawyer, Abu-Jamal ‘est un condamné à mort d’une intelligence rare’. ‘L’idée d’enfermer quelqu’un ayant autant de charisme dans le couloir de la mort rappelle le sort de ces philosophes condamnés’. Avant son arrestation Abu-Jamal n’avait pas d’antécédent judiciaire. Il avait été membre du Parti des Panthères Noires et avait travaillé comme journaliste radio. Il était aussi chauffeur de taxi. Il a continué à écrire derrière les barreaux et vient de faire paraître son sixième ouvrage intitulé Jailhouse Lawyers, publié par City Lights Publishers, San Francisco, ce qui en fait une figure emblématique pour tous les abolitionnistes. 

De plus, son avocat de San Francisco est persuadé que le soutien européen aidera son client à  échapper à la peine de mort et lui permettra d’obtenir un nouveau procès. « Le soutien international est crucial. Si les manifestations de soutien à Mumia se font entendre jusque de l’autre côté de l’Atlantique, ceci aura des répercussions majeures » dit-il. Ajoutant, « Les juges sont censés ne pas être influencés par l’opinion publique. Mais ce ne sont pas des machines, heureusement ils restent des êtres humains ». 

Le Cas de Mumia Abu-Jamal. 

Dans le couloir de la mort depuis 1982 pour le meurtre d’un policier de Philadelphie, Mumia Abu-Jamal a bénéficié de nombreux soutiens aussi bien aux  Etats-Unis qu’à l’étranger. Des gens d’Hollywood aussi célèbres que Martin Sheen, Whoopi Goldberg, Michael Moore, Ed Asner et Edwards James Olmos ont plaidé pour qu’il ait un nouveau procès. 

Le groupe de rock américain Rage Against The Machine plaide sa cause dans « 
La Voix des Sans Voix » et l’acteur anglais Colin Firth a réalisé un documentaire sur cette affaire en 2007 intitulé « Toute Ma Vie en Prison. » 
Les défenseurs d’Abu-Jamal disent qu’une autre personne a tiré sur le policier, que son avocat commis d’office était incompétent et que plusieurs témoins sont revenus sur leurs dépositions pendant toutes ces années. En 2000 un rapport d’Amnesty International a conclu que les preuves fournies au tribunal par l’accusation étaient « contradictoires et incomplètes. » 

Mais les partisans de la peine de mort disent qu’Abu-Jamal, né Wesley Cook, a tiré sur le policier, quatre témoins affirmant qu’il a tiré et qu’on a trouvé des douilles des balles de son révolver sur la scène du crime. De plus, la police dit qu’il a avoué son crime pendant qu’il reprenait conscience à l’hôpital. Ce qui est incontestable c’est que le policier, nommé Daniel Faulkner, a arrêté le 9 décembre 1981 une Volkswagen conduite par William Cook, le frère d’Abu-Jamal, pour infraction au code de la route. Faulkner a tout de suite demandé du renfort mais n’a pas survécu à des blessures par balles qui l’avaient atteint au dos et au visage quand les autres policiers sont arrivés sur les lieux. La police a également trouvé Abu-Jamal baignant dans son sang, près du taxi qu’il conduisait, blessé par balles au niveau de la poitrine. Abu-Jamal a toujours dit qu’il a vu Faulkner passer son frère à tabac et que lorsqu’il a voulu lui porter secours le policier lui a tiré dessus. 

Durant ces années, de Cours d’Etat en Cours fédérales, toutes les procédures d’appel ont été déboutées. Les Cours n’ont pas retenu les arguments selon lesquels les témoins s’étaient parjurés et qu’Abu-Jamal avait eu un avocat incompétent. La dernière décision de
la Cour Suprême confirme la décision de
la Cour Fédérale d’Appel en maintenant l’accusation de meurtre et en rejetant l’accusation de racisme dans le choix des jurés lors du procès initial (Abu-Jamal a été condamné à mort par un jury constitué de dix blancs et deux noir). 

L’avocat de San Francisco d’Abu-Jamal, Maître Robert R. Bryan a déposé un autre recours auprès de
la Cour Suprême pour obtenir un nouveau procès et envisage également de faire un nouvel appel sur la base des expertises balistiques. 

La Cour Suprême doit encore examiner la décision de
la Cour fédérale contestant la sentence de mort. Cette décision a, en effet, fait l’objet d’un recours de l’accusation qui en exige l’annulation et l’exécution immédiate du condamné. 

« Tout ceci nous rapproche du bourreau » dit Robert R.Bryan 

Article paru le 17 mai 2009 dans « The San Francisco Chronicle » 

Traduction Claude Guillaumaud-Pujol 

Collectif Unitaire National de soutien à Mumia Abu-Jamal (80 organisations françaises) 

Pas de Commentaires à “Soutien à Mumia vu par la presse des USA”

  ( Fil RSS pour ces commentaires)

Laisser un commentaire


Soutenons le FUDEC |
Comment faire plaisir aux f... |
charlestrolle |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Comité d'information des ci...
| oyemprid
| mikou13